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samedi 28 mai 2011

THURSTON MOORE ~ La Grande Halle De La Villette – Charlie Parker - Paris.












Première Partie : HALF JAPANESE + GLENN BRANCA ENSEMBLE




Ce qu’en a pensé Emilie :

« Je suis arrivée pile à l’heure pour ce concert dans le cadre du festival « La Villette Sonique », mais très peu de gens sont déjà présents : il fait beau, ça n’incite pas à aller s’enfermer, mais que ne ferait-on pas pour un concert ! Pour ma part, j’ai décalé mon départ en vacances d’un jour, et les longs temps d’attente entre chaque groupe vont me faire rentrer chez moi à près de deux heures du matin, alors que je me lève à sept… Mais je l’ai choisi et ne vais pas m’en plaindre, même si j’aurais préféré un concert de Sonic Youth plutôt qu’une performance solo de Moore. Au moins ce n’est pas un truc expérimental de bout en bout, là je n’aurais peut-être pas acheté ma place direct (j’ai fait l’impasse sur les concerts de Lee Ranaldo, d’ailleurs).

Première mauvaise surprise, confiscation de la bouteille d’eau, et je ne veux pas lâcher ma place (premier rang, quoique sur la droite, et la scène est tellement haute qu’il n’y a que ma tête qui dépasse, c’est ça de faire 1m60) pour aller visiter le bar tout au fond, alors j’attends patiemment.  Je n’étais vraiment pas en forme et j’ai bien failli abandonner et aller m’asseoir un peu plus loin, j’avais la trouille que le service d’ordre pense que j’étais bourrée et me vire direct ^^. Cela dit, des gens bourrés il y en avait et ils n’ont pas été dérangés. Lorsque le premier groupe, Half Japanese, monte sur scène, je me sens heureusement mieux et je peux profiter du set de ces Américains étiquetés lo-fi (tout au moins sur la page Wikipedia française, ce qui n’est peut-être pas une référence). Les musiciens, d’un âge avancé, maîtrisent leur sujet, et finalement le plus proche de l’esprit lo-fi, dans cette affaire, c’est Jad Fair, le chanteur, à la guitare au manche démontable, et à la bonne humeur communicative. Le public rit de bon cœur à ses facéties.  Musicalement, c’est peu varié, malgré une discographie impressionnante, mais joyeux, et interprété avec une réelle envie. Je serais  heureuse de pouvoir les croiser à nouveau.

Après cette mise en bouche appétissante et une longue attente, c’est le tour du « phénomène », j’ai nommé le Glenn Branca Ensemble. Monsieur Branca, légendaire compositeur d’avant-garde, a lancé la carrière de Sonic Youth, c’est comme ça que je l’ai connu (bah oui, les légendes ne remplissent pas toutes des stades). Moore et Ranaldo ont tous les deux joué dans son orchestre dans les années 80. Cinq guitaristes, une batteuse, de tous âges et des deux sexes, vont nous interpréter ce soir les compositions du Monsieur. Celui-ci commence par vérifier que les guitares sont accordées, c’est peut-être un spectacle étonnant auquel on va assister ce soir, mais ce n’est pas noisy comme Sonic Youth, se barrant dans tous les sens, c’est orchestré au millimètre près. Rien de plus normal, puisqu’il y a un chef d’orchestre, que l’on quitte des yeux avec difficulté pour revenir sur les musiciens, tellement il est incroyable, il en ferait presque peur. Le guitariste de gauche a cassé deux cordes, j’ai cru qu’il allait se faire engueuler, mais non, on a eu le droit à une pause du coup, parce que sans cela, ça enchaîne à 100 à l’heure avec des compos longues (une bonne dizaine de minutes chacune) et hypnotiques. Branca sait que ce n’est pas conventionnel et s’en amuse : « Don’t worry, the next one is really fucking long ! » nous apostrophe-t-il à un moment. Le « fucking », dans la bouche de ce petit homme en costard de soixante-deux printemps, est déroutant. La manière dont il s’excitera à la fin sur son pupitre et sur ceux de ses musiciens (car ils ont tous les partitions devant les yeux) l’est encore plus. Médiators, baguettes (la batteuse viendra en donner elle-même à un gars près de moi), l’orchestre est généreux avec le public, mais on retient surtout Mister Branca et sa splendide idée d’allier classique et rock, pour un moment unique au monde. C’était énorme !

Et ce n’est pas terminé, reste Thurston Moore, véritable Dieu vivant pour moi, qui vient nous présenter son nouvel album, Demolished Thoughts, produit par Beck, qui participe d’ailleurs également sur l’album. Je dois avouer que je n’ai pas écouté la galette, tout juste sortie, et je n’ai pas non plus une grande connaissance de la petite carrière solo qu’a menée Moore parallèlement à ses trente années au sein de Sonic Youth. Pas encore eu le temps de m’y mettre ! Au moins, pas de setlist rêvée comme ça. Je sais juste que c’est plutôt calme, acoustique. D’ailleurs, officient ce soir sur scène une harpiste et une violoniste, plus un batteur discret que Thurston prétendra avoir ramassé dans la rue quelques jours avant, et un guitariste qui (soi-disant) squatte chez lui depuis quelque temps. Info ou intox ? Je n’ai en tout cas jamais entendu Thurston parler autant pendant les trois concerts de SY auxquels j’ai eu la chance d’assister. Il paraissait pourtant un peu timide à l’entrée sur scène, s’excusant du fait qu’ils ne commencent pas à jouer aussitôt car un film devait être projeté derrière eux. Mais par la suite, il deviendra très bavard, racontant donc la vie de ses musiciens, et allant jusqu’à se pencher vers le public et même serrer dans ses bras… mon voisin de gauche, pour mon plus grand désespoir. Pour vous dire à quel point je vénère Thurston, j’en ai presque pleuré, et pourtant à l’enregistrement de l’Album de la Semaine, j’avais pu obtenir une dédicace, donc je ne suis pas tant à plaindre que cela. J’imagine que j’avais épuisé mon quota de chance cette semaine-là avec Art Brut. L’heureux élu exulte, criant « I will never have a shower ». Une bonne partie du public cependant s’avère désagréable au possible, réclamant Brother James, pour je ne sais quelle raison obscure (c’est un titre chanté par Kim Gordon). Je pense que l’obsession des gens à réclamer du Sonic Youth sera une des raisons pour lesquelles on n’aura finalement que du Moore solo, et de longs intermèdes de bavardage. Personne n’ordonne quoique ce soit à Thurston Moore, c’est la meilleure façon d’obtenir l’inverse !

Et la musique dans tout ça ? Après le déluge sonore de Branca, et vu l’heure tardive, une dose de douceur dans ce monde de brutes est bienvenue. Bien que beaucoup plus intéressée par le rock bruitiste, je me laisse emporter par le violon et bercer par la voix de Thurston. C’est léger, aérien, très beau. Côté textes, même si je n’y prêtais pas très attention, ce sont des thèmes assez logiques pour Moore (la fin du monde de 2012, un hommage à la poétesse anglaise Mina Loy…). J’aime beaucoup, mais malgré tout, l’ensemble du concert est un peu monotone, il faudra attendre le premier rappel et le davantage Sonic Youthien Psychic Hearts, extrait de l’album du même nom de 1995, pour que l’on sorte un peu de cette monotonie. Thurston lit son texte sur une feuille. Le public semble préférer ce genre de morceau, mais le premier rappel n’est constitué que de ce titre et une partie des gens quittera la salle sans réaliser qu’une dernière chanson, Fri / End, va clore le set.

Je suis un peu dubitative par rapport au comportement des gens, je pense quand même qu’il était assez clair que le concert de ce soir serait calme, alors pourquoi venir et nous gâcher le plaisir par leurs cris, autant garder leur argent et attendre un prochain passage des New Yorkais au complet dans la capitale. Pour ma part, et même si un morceau de SY m’aurait comblée, j’ai passé une excellente soirée. Pour les autres, peut-être que les concerts plus expérimentaux donnés par Lee Ranaldo leur conviendraient davantage. En tout cas, excellente programmation que ce festival de la Villette Sonique, j’aurais bien tenté The Fall que je connais peu, mais je pars en vacances dans quelques heures, donc fin du festival pour moi ! »




photos de

Thurston Moore est un musicien américain, membre du groupe de rock Sonic Youth au sein duquel il chante et joue de la guitare. Il a également participé à de nombreuses collaboration, sous son propre nom et d’autres en dehors de Sonic Youth.


Solo albums
Psychic Hearts (1995)
Trees Outside the Academy (2007)
Demolished Thoughts (2011)

Other
Root - Remix Project (1998)
Solo Acoustic Volume Five - Part of the VDSQ (Vin Du Select Qualitite) acoustic guitar series (2011)

Limited Edition Noise, experimental, drone projects
2006 - Flipped Out Bride 12'' (2006, Blossoming Noise), Limited Edition of 500 blue marbled vinyl
2006 - Free / Love EP (2006, Blossoming Noise), Limited Edition of 90 Cassettes only
2007 - Black Weeds - White Death (2007, Meudiademorte), Limited Edition of 200 Cassettes only
2008 - Sensitive / Lethal
2008 - Blindfold' (Destructive Industries), Limited Edition of 200 Cassettes only
2008 - Built For Lovin (Lost Treasures of the Underworld), Limited Edition of 500 vinyl only
2010 - Suicide Notes For Acoustic Guitar EP

Collaborations
1988 - Barefoot In The Head [with Jim Sauter & Don Dietrich]
1993 - Shamballa [With William Hooker & Elliott Sharp]
1995 - Klangfarbenmelodie & the Colorist Strikes Primitive [with Tom Surgal]
1996 - Pillow Wand [with Nels Cline]
1996 - Piece For Yvonne Rainer [with Yoshimi & Mark Ibold (Sunship)]
1997 - MMMR [with Loren Mazzacane Connors, Jean-Marc Montera & Lee Ranaldo (Numero Zero Audio)
2000 - New York - Ystad [Thurston Moore, Lee Ranaldo, Steve Shelley, Mats Gustafsson]
2001 - Three Incredible Ideas [Thurston Moore / Walter Prati / Giancarlo Schiaffini]
1998 - Foot [with Don Fleming & Jim Dunbar]
1999 - The Promise [With Evan Parker & Walter Prati]

Free Improvisation Albums
2007 - The Roadhouse Session Vol.1 [Thurston Moore / Chris Corsano / Paul Flaherty / Wally Shoup 4tet]
2008 - Untitled [Paul Flaherty / Thurston Moore / Bill Nace]

Live Albums
1996 - Piece for Jetsun Dolma [a live improvisation with Tom Surgal and William Winant at Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville (Les Disques VICTO)]

Albums with Sonic Youth
Sonic Youth (1982)
Confusion Is Sex (1983)
Bad Moon Rising (1985)
EVOL (1986)
Sister (1987)
Daydream Nation (1988)
The Whitey Album (publié sous le nom de Ciccone Youth) (1988)
Goo (1990)
Dirty (1992)
Experimental Jet Set, Trash and No Star (1994)
Washing Machine (1995)
Made in USA (1995)
A Thousand Leaves (1998)
NYC Ghosts & Flowers (2000)
Murray Street (2002)
Sonic Nurse (2004)
Rather Ripped (2006)
The Eternal (2009)

Albums with Diskaholics Anonymous Trio [Jim O'Rourke, Mats Gustafsson, Thurston Moore]
2001 - Diskaholics Anonymous Trio
2006 - Weapons Of Ass Destruction (Recorded in 2002)

Albums with Original Silence
2007 - The First Original Silence (Recorded live in concert on sept. 30 2005 at Teatro Ariosto, Reggio Emilia, Italy)
2008 - The Second Original Silence (Recorded Live In Concert on September 28, 2005 at Brancaleone, Rome)

Early work with Glenn Branca
1981 - Symphony No. 1 "Tonal Plexus" (w/Glenn Branca, Lee Ranaldo, Anne DeMarinis & others)
1982 - Symphony No. 2 "The Peak Of The Sacred"
1983 - Symphony No. 3 "Gloria" - Music for the first 127 intervals of the harmonic series
Early work with the Coachmen
1979 -Failure to Thrive




Thurston Moore – Vocal & Guitar
Chris Brokaw – guitar
? – drums
Samara Lubelsky – violin
Matt "Doom" Heyner – bass


La Setlist du Concert
THURSTON MOORE

Illuminine (Demolished Thoughts – 2011)
Benediction (Demolished Thoughts – 2011)

Orchard Street (Demolished Thoughts – 2011)
January (Demolished Thoughts – 2011)

Space (Demolished Thoughts – 2011)

Never Day (Trees Outside The Academy – 2007)
In Silver Rain With a Paper Key (Demolished Thoughts – 2011)
Mina Loy (Demolished Thoughts – 2011)
Blood Never Lies (Demolished Thoughts – 2011)
Circulation (Demolished Thoughts – 2011)


Encore 1

Psychic Hearts (Psychic Hearts – 1995)


Encore 2
Fri/End (Trees Outside The Academy – 2007)

La durée du concert : 1h10

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vendredi 14 janvier 2011

GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR ~ La Grande Halle De La Villette – Charlie Parker - Paris.














Opening Act : TOTAL LIFE


Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Attention : groupe mythique !  Les canadiens de GYBE restent pour la plupart d’entre nous un groupe mystérieux au patronyme pour le moins étrange et d’ une philosophie qui ne l’est pas moins. Quant à moi,  je ne connais véritablement Godspeed you que depuis un  peu plus d’un an. Comme tout le monde j’avais vu ce nom bizarre circuler un peu partout mais je ne les avais pas encore écouté vraiment. Malgré cela je reste toujours dans l’expectative car on ne les écoute pas comme les autres groupes. Il faut des conditions particulières, ce qui m’a été confirmé par une de mes connaissances à la fin de leur concert et effectivement c’est là que j’ai compris. Mais revenons un peu en arrière. Les 4000 places de la Grande Halle ont été vendues depuis longtemps. Ce qui est  assez étonnant pour un groupe aussi indépendant. A mon avis ils auraient pu facilement remplir un Zénith.  J’arrive sur place, très en avance, à cause du problème de stationnement récurent  et des Chemical Brothers au Zénith. Une dizaine de personnes sont déjà présentes, la plupart venant de province. Certaines suivront le groupe un peu partout en Europe. Il est vrai que leurs concerts sont très rares (dix ans qu’ils ne sont pas passés à Paris je crois). Pas de chance il commence à pleuvoir, et damned ! je ne suis pas vraiment équipé pour la pluie ! Bon ce ne sont que de petites averses. Entre temps le service d’ordre a ouvert les barrières et nous avançons d’une centaine de mètres avant d’être à nouveau bloqués par de nouvelles barrières, des petits malins en ont bien sur profité pour se faufiler… 18H30, ouverture des portes, contrôle des billets, on fait une cinquantaine de mètres, nouveau contrôle : fouille sommaire. Enfin on peut rentrer dans la salle, après ce parcours du combattant !  

Mauvaise surprise ! La scène est démesurément haute, je reste tout de même devant mais : très perplexe. La salle est grande, très grande même, pas de gradins. Commence une longue attente, seul hélas, j’apercevrai  Anthony un peu plus tard. Vers 19h30 un  homme arrive sur scène et se place derrière une table où se trouvent je suppose plusieurs boitiers électroniques. Commence alors une espèce de calvaire qui va durer une demi-heure. Un set en continu, un bourdonnement bruyant qui abîme les oreilles. Le côté agressif et fatiguant de la chose m’ennuie profondément. Je ne dis pas qu’il n’a pas sa place mais nous l’infliger en première partie non ! son nom : Total Life.

Pas grand monde sur scène. De temps en temps quelqu’un pose des serviettes puis des bouteilles d’eau et des canettes de bière, pas de sound check, on attend. Un type entre sur scène et accorde un instrument…. Deux autres arrivent. Chacun de son côté bricole son instrument accroupi par terre sans un regard pour le public. Puis  un quatrième personnage  prend place et sans que l’on s’en rende compte le concert a débuté depuis plusieurs minutes. Et presque miraculeusement ce que l’on pensait être une séance d’accordage et de préparation n’était en fait qu’un « morceau ». Je ne sais pas d’ailleurs comment appeler chaque phase musicale du groupe. Chacune est une sorte de fresque extrêmement compliquée et très difficile à transcrire en mots. Un concert de Godspeed You ! Black Emperor  ne se décrit pas,  ne se regarde pas vraiment non plus mais s’écoute les yeux le plus souvent fermés. Et ainsi vous vous évader complètement. Cette terrible intro m’a fasciné. Au début je ne comprenais pas. 10 minutes après j’étais sur le cul. Comment est ce possible ? Comment d’une telle complexité peut on accoucher d’une musique aussi lumineuse ? Je dis lumineux car c’est le mot qui me vient à l’esprit. Quand chaque « fresque » débute bien qu’il n’y a vraiment jamais de rupture entre chaque élément donc pas vraiment de « début », je ne comprends pas forcément tout. Quelques notes répétitives, parfois des agressions sonores qui ne collent pas, je regarde les trois guitaristes, tous assis avec à leurs pieds des ribambelles de pédales d’effets. Chacun semble ignorer ce que fait l’autre. Je regarde et je m’interroge, je baille un peu et les minutes passent et sans que je m’en rende compte les trois guitares sont en harmonie, le violon lancinant les accompagne, une structure se met en place par miracle. Le son ne vient plus de devant mais de partout, j’ai l’impression que je vis en quadriphonie. Cela joue fort même très fort, mes yeux se ferment, l’intro du morceau est maintenant achevée, le morceau semble structuré, une sensation de plaisir m’envahit, les strates de notes tourbillonnent dans mon cerveau, dans ma tête tout entière et chaque boucle devient différente, un ajout, une pédale qui a été activé, avec systématiquement le son qui prend des proportions de plus en plus intenses, on pensait que c’était fort et bien non ils en rajoutent encore une couche. Et puis on atteint le paroxysme, tout est multiplié par dix et l’impression ressentie est incroyable et par trois ou quatre fois mon corps a réellement frissonné, pas pu me retenir car c’était trop, trop bon, trop intense presque, comme un très très long orgasme. Et je souris les yeux fermés. Je ne peux pas m’en empêcher car on atteint par moment une sorte de paradis, l’osmose avec la musique est parfaite, un déluge sonore m’entoure et prend possession de tout mon corps, exit les 4000 personnes autour de moi. Puis comme pour les longues intro, la descente se fait en douceur.

C’est ça Godspeed You ! Black Emperor. Ne vous attendez pas un concert de rock traditionnel, on est très loin des convenances classiques. N’essayer même pas de vous faire une idée sur disque, moi je n’y suis pas arrivé, seul le live peut vous donner une idée. Et voyez vous, pour la presque première fois je dois dire que j’ai imaginé après le set du groupe le même concert mais avec des transats alignés dans la grande halle, et nous en position allongée, les yeux tournés vers le plafond en train de regarder les projections chaotiques qui accompagnent le groupe sur scène. Oui j’aurais aimé vivre le concert comme cela. Pour être, plus terre à terre, je rappelle juste que ce soir ils étaient 8 sur scène, une scène en demi cercle avec une dizaine d’amplis qui se faisaient face, trois guitaristes, un bassiste et un contrebassiste, une violoniste, un batteur et un clavier. A noter aussi pour l’anecdote un éclairage inexistant d’où mes photos inexistantes elles aussi. 4 spots orange, en tout et pour tout, placés à 20 mètres de haut, l’éclairage du Glazart est battu….). Mais on s’en fout un peu de tout cela. Reste au final un concert fleuve de 2h30, l’impression d’avoir vécu quelque chose de peu commun. Des oreilles qui sifflent aussi car le son était incroyablement compact et fort au premier rang. C’est sur que cette expérience est difficilement renouvelable tous les soirs. Il faut absorber ce que l’on a ingurgité. Il faut le digérer. Je retrouve les connaissances de concert à la sortie, Armelle et puis Oliver. On confronte nos points de vue. Le merchandising est pris d’assaut à tel point que je rends les armes et décide de quitter la salle sans rien acheter.

Dehors la pluie est calmée. De loin j’entends des boum boum qui résonnent. les Chemical n’ont pas fini leur set, tant pis je n’attendrai pas Vincent. En chemin je repense à ce concert et à ce groupe si singulier. Godspeed You ! Black Emperor est bien un grand groupe, hors du commun sans aucun doute. J’espère ne pas avoir à attendre encore dix ans avant de les revoir. Cette expérience, ce soir, fut enrichissante et la rentrée 2011 (pour moi c’est la rentrée des concerts !) fort réussie. »
 







Godspeed You! Black Emperor (anciennement Godspeed You Black Emperor!, connu également sous les acronymes GY!BE et GYBE!) est un groupe de post-rock canadien basé à Montréal, Québec. Ce groupe est généralement classé comme appartenant au mouvement post-rock, bien qu’il n’appartienne à aucun cadre réel et présente un large panel d’influences, allant du rock progressif au punk et de la musique classique à l’avant-garde.

 (http://www.myspace.com/gybeconstellation)


All Lights Fucked on the Hairy Amp Drooling (1994)
f#a#∞ (1997)
Lost in the House (piste 2, sunshine + gasoline, la première étant de Fly Pan Am ; supplément gratuit de l'Amazezine Magazine numéro 4 ; 1998)
Slow Riot for New Zerø Kanada (1999)
Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven (2000)
Yanqui U.X.O. (2002)




David Bryant – guitar, tapes
Efrim Menuck – guitar, tape loops keyboards
Mike Moya – guitar
Sophie Trudeau – violin
Thierry Amar – contrebasse, bass
Mauro Pezzente – bass
Bruce Cawdron – drums, percussion
Aidan Girt – drums, percussion
Karl Lemieux -- film projections




La Setlist du Concert
GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR 

01.   Hope drone
03.    Monheim
04.    Albanian
05.   Chart #3 (Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven - 2000)
06.   World police and friendly fire (Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven - 2000)
07.   Dead Metheny
08.   Rockets Fall on rocket Falls (Yanqui U.X.O - 2002)
09.   BBF3

La durée du concert : 2h30

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