MARK LANEGAN BAND ~ Le 106. Rouen.
Il y a 6 ans
C’est à Beat Mark qui revient l'honeur d’ouvrir le bal et comme d’habitude ils vont livrer un Set étincelant plein d’enthousiasme et de fraicheur. Depuis leur début, le groupe à pris ses marques sans renier son coté amateur qui me plait tant, c’est d’ailleurs cette petite imperfection qui fait aussi son charme rafraichissant. La qualité des compositions est digne voir meilleure que celle de certains groupes Anglo-Saxons.
La configuration est toujours la même sur scène sauf que Karin, qui arbore une nouvelle coupe de cheveux beaucoup plus courte, est à droite au lieu d’être à gauche et Julien Perez l'autre voix du chant se trouve à l’opposé. Voila pour les détails, passons à la zique. Rien à redire c’est du tout bon; on commence par le doublée What I Want The Most enchainé avec le splendide Breezing et musicalement parlant le groupe n’a jamais été aussi au point. On continue avec Am I Five la aussi un des tous meilleurs morceaux du groupe. Evidemment ce qui saute aux yeux lorsqu’on écoute attentivement ce groupe, c’est les références musicales mais je reconnais que c’est du bon travail. Du Shoegaze bien sûr mais pas dans l’attitude, et puis il y a ce morceau « Son Thomas Hunter » qui pourrait presque passer pour du I’m From Barcelona (preuve de bon élève face au maître) mais pour moi la dernière influence reste The Vaselines. Un petit mot sur Chloé à la batterie: elle assure de mieux en mieux. Beat Mark est un mélange harmonieux des voix associées, d'une musique intelligente et assez inhabituelle pour un groupe français et le charme (j’adore Karin et Chloe). 32 minutes de concert... vivement le prochain concert à à Rock en Seine, pour un autre vif plaisir.
Passons maintenant à la tête d’affiche, Crystal Stilts. Un premier album que j’avais trouvé inégal, un concert à la Route Du Rock pas mauvais mais l’erreur c’est qu’il avait joué après le grand My Bloody Valentine. Depuis, un second album « In Love With Oblivion » d’une haute tenue que le groupe devrait défendre ce soir !
Premièrement le contexte. Peu d’éclairage, beaucoup de bleu et de contre-jour, un guitariste en face de moi que l’on croirait sorti du Velvet Underground comme clone de Sterling Morrison ou de John Cale avec ses cheveux mi longs et ses lunettes noires et enfin un chanteur habité avec un regard d’ailleurs. Puis les premières notes de Sycamore Tree, la guitare avec un zeste d’écho, la voix d’outre tombe, une rythmique plombée, un orgue fou, et on nage en plein garage rock psychédélique assez inquiétant, du Black Angels en mille fois plus sinistre mais tout aussi jouissif. Putain d’entrée en matière et je sais déjà que le concert sera bon. Le concert est tout simplement hypnotique, on adhère ou alors on passe son chemin. Moi je suis scotché, mes yeux allant du guitariste concentré JB Townsend (pas une fois il ne regardera le public) à Brad Hardgett complètement hors du temps. La réverbération, une touche sixties, le coté énigmatique et nostalgique de leur musique (The Dazzled) et puis le coté sonique (dommage pour les limitations sonores…)... je suis « dedans » complètement. Un peu plus tard JB Townsend, va prendre en main une guitare VOX pour un retour halluciné vers les sixties. Une Setlist parfaite pour ma part avec une grosse partie consacrée au dernier album, comme on pouvait l’immaginer. J’ai l’impression de découvrir vraiment Crystal Stilts ce soir car il sont fait un concert comme je les aime. De plus le groupe reviendra pour deux rappels et je suis pas sûr que le second était vraiment prévu mais le public fut persuasif. La Maroquinerie nous a encore offert une belle soirée. »
